Pourquoi fait-on quelque chose "pour des prunes"
Il y a déjà longtemps que la prune ne désigne pas que le fruit.
En moyen français, depuis le XIIIe siècle, une 'prune' pouvait aussi être :
Un coup ("il s'est pris une prune, un pruneau") ;
De la chance (une bonne aubaine) ou de la malchance (un coup du sort), selon le cas ;
Quelque chose sans aucune valeur ("ne pas valoir prune" voulait dire "ne rien valoir" et "ne preisier/prisier une prune", c'était "n'avoir aucune estime pour quelqu'un").
C'est bien évidemment de cette dernière signification que notre expression est née au début du XVIe siècle, "ne preisier une prune" datant de la fin du XIIe.
Mais pourquoi une prune ne valait-elle déjà rien ?
Eh bien nous allons devoir remonter jusqu'aux premières croisades, au XIIe siècle.
En effet, une histoire raconte que de la seconde qui fut un échec ,Louis VII et Conrad subirent échec sur échec, et revinrent dans leurs pays respectifs avec rien d'autre (ou presque) qu'un nouvel arbre fruitier : le prunier.
On peut alors parfaitement imaginer (mais là, nous entrons peut-être dans une légende) que, alors qu'ils faisaient au roi le compte-rendu de leur expédition, celui-ci très en colère se serait écrié : "Ne me dites pas que vous êtes allés là-bas uniquement pour des prunes !", sous-entendant "pour rien".
L'entourage du roi puis le peuple aurait alors diffusé dans le pays ce sens très particulier de la 'prune'.
Les milliers de morts engendrés par cette croisade, c'etait donc... pour des prunes !
L’expression est restée au fil des âges conservant son sens d’origine